Mineur des mines de Lens en 1954

Mineur des mines de Lens en 1954
Je tenais à rendre hommage à ce mineur, saisi ici pour la postérité, sur ce superbe cliché datant de 1954, devant le siège minier N°15 de Lens où il était affecté.
Nous retiendrons les dates historiques essentielles de l'épopée minière de ses deux puits constitutifs
1905 - 1962 pour le puits n° 15.
1907 - 1972 pour le puits n° 15 bis.
La fosse n° 15 portait le nom de Maurice Tilloy, un industriel Lillois, qui participa activement à la recherche du précieux minerai qu'était charbon dans notre région ...
Le premier puits fut percé le 27 novembre 1905 à 197 m de profondeur.
Le puits 15 bis, destiné à l'aérage, a vu débuter son creusement le 27 octobre 1907, date à laquelle le siège a commencé à entrer en exploitation.
À l'époque, elle était la fosse la plus moderne de toutes celles des Compagnies Minières du Nord et du Pas-de-Calais. C'était un complexe remarquable, équipé de deux chevalements métalliques jumeaux d'une hauteur de 75 m.
Située à proximité de la cote 70 de Loos-en-Gohelle, la fosse subit de terribles dégâts pendant la guerre 1914-1918. .
Son implantation était située rue Arthur Lamendin à Loos-en-Gohelle.
Ses deux terrils coniques , situés derrière ceux du 11 - 19, ont été exploités depuis bien longtemps....

# Posté le dimanche 14 décembre 2008 10:05

Modifié le dimanche 07 février 2010 07:49

Les chevaux des mines

Les chevaux des mines
Au début du XX ème siècle les 7 mines de Bruay employaient 150 chevaux au fond et une trentaine au jour.
Aprés une activité houillère représentant en moyenne 10 ans de service, ils terminaient bien souvent leur carrière à l'abattoir, ou pour les plus chanceux dans une ferme.
la fosse N°1 de Bruay était la plus proche des abattoirs situés à 200 m de là, prés de l'actuelle clinique, dans la cité des provinces.
Les chevaux morts y étaient achetés 20 francs à l'époque.

La compagnie des mines cédaient les autres chevaux devenus trop vieux et poussifs aux agriculteurs de la région parfois pour des sommes trés respectables.
Habitués à tracter de fortes charges, ils étaient utilisés aux travaux de labours des champs ou à tirer des charettes jusqu'à la fin de leurs jours.
Les chevaux au fond disparurent juste à la fin de la seconde guerre mondiale avec l'arrivée des moyens de manutention mécanisés tels les locotracteurs.
Certaines mines du bassin les utilisèrent encore un peu plus tard.
En photo: Un des derniers chevaux utilisés au fond, le grand-père de mon ami, Laurent Duvivier, figure sur ce magnfique cliché saisi pour la postérité par Léon Ringot, illustre photographe minier Bruaysien.
Vous constaterez que le cheval porte une protection sur la tête afin de lui éviter d'éventuelles blessures dues aux heurts avec les arceaux de consolidation des galleries, et ce , au même titre que les mineurs portant une barette de sécurité.
C'est le dernier cheval du fond ayant travaillé dans le secteur de Lens, il fut remonté en 1970.
Il était utilisé pour le transport des cintres, dans des galeries où les les locotracteurs ne pouvaient pénétrer à cause du grisou.
En 1971, il est allé mourir de vieillesse dans une ferme à Tilloy les Hermaville...

# Posté le dimanche 19 octobre 2008 06:21

Modifié le samedi 06 février 2010 09:55

L' mineur coulonneux.

L' mineur coulonneux.
L'élevage ainsi que les compétitions de pigeons voyageurs étaient l'un des grands passe temps favoris des mineurs de notre région.
Comme le stipule Frederic Denhez dans son ouvrage " Les Gueules noires ":
" Le pigeon était une promesse d'évasion spirituelle pour les mineurs. Les symboles sont souvent caricaturaux: sortant de l'obscur monde souterrain, le mineur se projetait dans cet être blanc qui s'échappait à son gré..."

Soucieuses de la paix intérieure de leurs employés, les compagnies des mines régionales finançaient certaines associations sportives ou de loisirs où participaient les membres de leur personnel.
Les compagnies acceptaient même que les mineurs bâtissent des pigeonniers, parfois imposants dans les jardins des habitations qu'elles mettaient à leur disposition.
A travers cette passion, le mineur était en quête d'une certaine autonomie qu'il ne trouvait que trés rarement à la fosse où il travaillait comme dans les corons où il habitait.

En annexe, je vous fais partager cette superbe photo, illustrant bien cette passion de notre patrimoine minier...

# Posté le vendredi 17 octobre 2008 16:55

Modifié le dimanche 07 février 2010 06:19

L' vieux mineur de Jules Mousseron

L' vieux mineur de Jules Mousseron
L' VIEUX MINEUR

L'½il éteint, s' vieill' piau tout' jonne,
I n'est point gai, l' vieux mineur !
Eun' fichelle artient s' marronne,
Et cha n'annonc' point l' bonheur.

I démeure avec és fille ;
Ch'est li qui soign' les infants,
Il touille el' soupe éd'sus l' grille,
In bertonnant d' timps en temps.

I s'imbête, et cha l' tracasse,
Il n' peut pus sarcler s' gardin.
Quand el' pauv' vieux i s'abasse,
S' tiête all' tourn' comme un moulin.

Etr' toudis dins s' bac à chintes...
Incor s'il sarot marcher,
Il irot boir' des bonn's pintes !
Mais i pourrot s'écrouler...

I n'oubli' foque és' misère
Qu' quand ses infants sont tertous,
L' soir, à l'intour dé s' kaïère,
Et qui lieu parl' des grisous.

Il a tout vu dins les fosses :
Ses sauv'tag's i sont curieux.
Leus c½urs palpit'nt, les tiots gosses,
In acoutant l' pauver' vieux.

In v'not l' quère à chaqu' minute
Quand arrivot d' z'accidints.
Combin d' cops i-a fait la lutte
Avec l' grisou grign'-dints ?

Il a tell'mint des blessures,
Qu'in n' sarot pus les compter.
Il est couvert ed' coutures,
Pir' qu'un ancien guernadier.

Si cha s'rot parmi l' mitralle
Qui s'arot si bien conduit,
Il arot d' pus d'eun' médalle ;
Mais il s'est battu dins l' nuit.

Va ! consol-té, brav' Batisse :
Les rubans, t' les a d'sus t' piau.
In vot bien qu' t'as du service :
T' carcass', ch'est un vieux drapeau !

Jules Mousseron

Archives CDF.

# Posté le lundi 05 janvier 2009 14:49

Modifié le dimanche 07 février 2010 14:16

M'lampiste,...canchon anthologique de ch'Nord....

M'lampiste,...canchon anthologique de ch'Nord....
L'photo..., ché paroles..., manque l'musique..., mais chelle la..., vous l'connaissez toutes et tous par coeur !....
Hommage à Edmond Tanière qui nous la fit redécouvrir.

M'lampiste, ém'tchiote lampiste ! M'lampe'all'va bien mais mi j'sus triste.
M'lampiste, ém'tchiote lampiste ! Car dins tes mains, m'lampe all'va bien

Ach't'heure dins toutes ches fosses pour y trier l'carbon,
In y vot plus des gosses, des files et des garchons.
A lampis'rie point d'bile, in est tout émotionné,
Quind in d'mande à ches files,eus'lampe pour dévaler.
In les ravisse éd'coin, in serre ses poings dins sin béguin.

M'lampiste, ém'tchiote lampiste ! M'lampe'all'va bien mais mi j'sus triste.
M'lampiste, ém'tchiote lampiste ! Car dins tes mains, m'lampe all'va bien

Quind t'ar'mets d'z'allumettes, dins m'lampe quind i'n'a'pus,
Ch'est que j'deviens tout bête, tellemint que j'in sus confus,
Tin mouchoir bleu sus t'tchiête, avec ses tchiots pots blancs;
Cha fait tourner m'barrette, qué j'n'ai pus d'goût déchint'au fond.
Ej'vos tes yeux mignons, tin court jupon dins min carbon.

M'lampiste, ém'tchiote lampiste ! M'lampe'all'va bien mais mi j'sus triste.
M'lampiste, ém'tchiote lampiste ! Car dins tes mains, m'lampe all'va bien

T'as d'z'yeux comme eune aiguile, quand t'armontes à midi,
Et'l'figure tout plein d'huile, p'tête bin autes quosses aussi.
Mi noir comme eune gaillette et plein d'graisse éd'barroux,
J'te prêtros bien m'liquette pour t'imbrasser jusqu'à tin cou
Puisque t'as du déchet, té peux essuyer mes baisers.

M'lampiste, ém'tchiote lampiste ! M'lampe'all'va bien mais mi j'sus triste.
M'lampiste, ém'tchiote lampiste ! Car dins tes mains, m'lampe all'va bien

Quind in archeut à l'quinzaine, j'tâche d'ête à tes côtés,
Prés tin jupon d'indienne, je m'sins tout artourner,
Té sins un peu l'binzol, mais j'm'pousse contre ti,
J'm'in fous si in rigole, mi j'te ming'ros comme in biscuit.
Car mi j'sus un mineur qui donne sin c½ur pour un bonheur.

M'lampiste, ém'tchiote lampiste ! M'lampe'all'va bien mais mi j'sus triste.
M'lampiste, ém'tchiote lampiste ! Car dins tes mains, m'lampe all'va bien

L'diminche dins ch'villache, avec tous mes copains,
J't'aperçois tout in ache, juste à la porte d'un crin-crin.
Ohé viens faire eune danse avec un galibot!
J'té dis 'm'tchiote Hortense, à mon Machu, y a un piano.
Et là nous y danserons, aux joyeux sons d'l'accordéon.

M'lampiste, ém'tchiote lampiste ! M'lampe'all'va bien mais mi j'sus triste.
M'lampiste, ém'tchiote lampiste ! Car dins tes mains, m'lampe all'va bien

Chanson centenaire, reprise par Edmond Tanière puis, puis quelque années plutard par Renaud.
NB:
Notez le passage de la chanson: " Tin mouchoir bleu sus t'tchiête, avec ses tchiots pots blancs" et regardez bien la photo noir et blanc de cet article, coïncidendence ?...dommage qu'elle ne soit pas en couleur....
Archives CDF.

# Posté le mardi 06 janvier 2009 15:23

Modifié le dimanche 07 février 2010 14:13

La fosse N° 7 d'Houdain

La fosse N° 7 d'Houdain
La fosse N° 7 d'Houdain était rattachée à la compagnie des mines de Bruay.
Son premier puits fût percé en 1919 et entra en service en 1929.
La fosse comportait deux puits, le N° 7 d'un diamètre de 6.30 m et profond de 1059 m et le numéro 7 bis d'un diamètre de 5 m et profond de 869 m. Ce dernier, surmonté d'un simple batiment servait simplement au retour d'air.
Le chevalement du puits N°7 avait la particularité d'être unique en son genre dans notre basin minier; il était équipé de 4 molettes de 6 m de diamètre situées sur le même axe du plancher d'extraction.
Durant son activité, on a extrait 10.349.000 tonnes de charbon gras de cette fosse.
En 1954, année de la cessation de l'extraction,le siège 7 d'Houdain employait 1000 personnes.
Cette fosse fût rattachée à l'UP 6 d'haillicourt, distante de quelques centaines de mètres, la même année lors de la concentration.
Depuis, le N°7 ne servît que pour la descente du personnel et des matériel jusqu'à la fermeture de l'UP 6 d'Haillicourt en 1979.
Le puits 7 bis est remblayé en Avril 1973, le N°7 en 1980.
Le chevalet, symbole du paysage Houdinois fût abattu le 26 Juin 1981 à 10H30.
Une de ses molettes, qui furent juste aprés le démantellement transférées au siège 9/9 bis d'Oignies comme pièces de rechange,
est ancrée sur le centre du rond point situé en lieu et place de l'ancien 'pont des imbéciles 'au bout de la rue Gouraud à houdain.
Sur l'ancien carreau minier reconverti en société de négoce, subsistent plusieurs batiments encore visibles.

# Posté le samedi 18 octobre 2008 02:50

Modifié le dimanche 07 février 2010 06:39

Les mineurs abouts, voltigeurs des profondeurs...

Les mineurs abouts, voltigeurs des profondeurs...
On évoque peu souvent ce métier de la mine tout à fait spécifique et trés dangereux à la fois.
Les abouts sont des techniciens polyvalents trés qualifiés successivement mécaniciens, électriciens, charpentiers, tuyauteurs, maçons...
Ils sont intégrés au service maintenance de la mine et sont encadrés par un porion aboutier.
Leur tâche essentielle consiste à entretenir les puits de mine et leurs infrastructures attenantes: cuvelage, chevalement, remplacement des cables et des guides de cages, entretien des moteurs, des canalisations...
Ils évoluent de façon périlleuse bien souvent sur le toit de la cage ou dans un cuffa, du fond du puits jusqu'aux molettes du chevalement, toujours à proximité du précipice menaçant.
Ils sont en permanence équipés de harnais de sécurité dont les mousquetons sont attachés aux structures métalliques des lieux d'intervention.
Chargés de l'entretien des puits tout au long de leur carrière, ils furent fortement sollicités et impliqués dans les opérations de démantèlement des cages et des chevalements, mais aussi dans les opérations d'obturation des galeries et des puits après la fermeture de nos fosses.

# Posté le samedi 18 octobre 2008 08:53

Modifié le dimanche 07 février 2010 13:46

Les maçons des profondeurs

Les maçons des profondeurs
Les maçons des profondeurs.

En décembre 1997, rue Pablo Picasso à proximité du centre ville d'Auchel, un chantier d'apparence banale dirigé par les ingénieurs de Charbonnages de France, mît à jour deux anciens puits de mine dont celui du vieux 7 d'Auchel profond de 614 m.
Depuis plusieurs années les Charbonnages de France visitent les anciennes friches industrielles minières du bassin du Nord Pas de Calais afin de repérer et de contrôler le comblement des puits d'extraction aprés la cessation de l'exploitation houillère.
Cette démarche est impérative avant de reverser ces terrains du domaine public aux municipalités.
Les ingénieurs délégués sur ce chantier avaient pour mission de remettre au jour les puits existants, de constater l'état " des bouchons " colmatant les puits très profonds et de remettre les lieux en état de sécurité absolue avant leur rétrocession définitive au domaine foncier de la commune d'Auchel.
Le forage de ce puits débuté en 1909 s'acheva en 1912.
Jusqu'en 1930, le vieux 7 n'était utilisé que pour le gisement Auchelois. Après une période de travaux de de 1932 à 1950, date de sa fermeture, il sera destiné à déservir les installations de Cauchy à la Tour.
90 années après avoir été foncé, le puits a été retrouvé en parfait état. Il avait été cuvelé par une technologie révolutionnaire à l'époque, celle des voussoirs en béton préfabriqué, dont le système identique rût repris bien des années plus tard lors des opérations de creusement du tunnel sous la Manche.
Un peu plus loin au niveau de la rue du Puy Notre Dame, un autre puits de service de construction différente fût également mis à jour; entièrement maçonné en briques sur des dizaines et des dizaines de mètres.
Les experts de C.D.F ainsi que quelques élus municipaux eurent le privilège de visiter ces installations et de constater à leur grand étonnement que ces ouvrages remarquables n'étaient en aucun cas altérés aprés toutes ces années, aucun affaissement, aucune infiltration d'eau.
Ce travail avait été réalisé par des maçons italiens de la compagnie des mines de Marles, reconnus pour leur savoir faire en la matière et employés à des conditions salariales très avantageuses pour la compagnie...
Vous pouvez voir ici quelles étaient les dimensions de nos puits, généralement de forme cylindrique, de 4,5 m à 6,5 m de diamètre. Vous avez sur cette photo, un aperçu de la taille de cet ancien puits, comparativement aux chenilles de la grue, juste à coté.

# Posté le jeudi 16 octobre 2008 17:00

Modifié le dimanche 07 février 2010 13:47

Fosse N° 3 des mines de Liévin en 1899.

Fosse N° 3 des mines de Liévin en 1899.
Voici un superbe cliché de la fosse N° 3 des mines de Liévin permettant de se faire une idée de la splendeur de l'architecture des installations de surface.
Photographie de Monsieur Louis Caudron de Neuville Saint -Vaast qui l'a offerte à Monsieur Simon, directeur des mines de charbon de Liévin vers 1900.

# Posté le dimanche 16 novembre 2008 06:45

Modifié le dimanche 07 février 2010 09:09

Ancienne photo d'un coron minier aux alentours de Liévin, à la fin du XIX ème siécle

Ancienne photo d'un coron minier  aux alentours de Liévin, à la fin du XIX ème siécle
A la fin du XIX ème siécle, les commissions d' hygiène déléguées par l'état Français dans le Nord Pas de Calais, luttent pour résorber l' habitat insalubre, les taudis, comme hélas il en existait en bon nombre à l'époque, afin d'améliorer les logements des ouvriers " foyers permanents d'infection ".
Pour les corons récemment érigés pour les ouvriers des compagnies minières, ces derniers font exception:
Ces constructions parfaitement alignées, situées sur des terrains secs et élevés, généralement en dehors de toute agglomération, ne laissent rien à désirer sous le rapport de l'hygiène.
Elles sont saines et faciles à ventiler.
Par groupe de sept à onze maisons, il y a un puits d'eau potable, un fournil et des commodités sanitaires au fond des jardins.
Les maisons des mines dans le Nord et dans le Pas de Calais sont saluées pour leurs qualités de salubrité et de confort qui les placent à l'avant garde de la construction du logement social.
Un des progrès essentiels, est le fait que le sol de l'habitat, est dorénavant carrelé alors que le logement rural est encore à cette époque en terre battue...
Des jardins potagers, parfaitement entretenus par les ayant droits des compagnies, agrémentent ces habitations minières, modèles du genre à l'époque ; en atteste la photo que je vous fais partager.
Cette dernière fut saisie pour la postérité aux alentours de Liévin, à la fin du XIX ème.

# Posté le mardi 18 novembre 2008 16:13

Modifié le dimanche 07 février 2010 09:08