Les trieuses au criblage ou caffus

Les trieuses  au  criblage ou caffus
Ces femmes exclues du fond, depuis la parution des textes législatifs de 1860, sont nombreuses sur les carreaux des fosses.
Affectées en majeure partie au triage ou criblage, elles étaient chargées de trier le charbon remonté du fond, en séparant la houille des déchets stériles.
Au criblage, les conditions de travail étaient trés difficiles, oeuvrant dans un épais nuage de poussières de charbon, leurs visages étaient aussi noir que ceux des abatteurs au fond.
Les mineurs les surnommaient " les culs à gaillettes ", qualificatif peu flatteur en hommage à ces femmes de la mine...
Elles étaient sous la responsabilité d'un porion au jour qui ne les ménageait pas...
On les appelait également caffus, terme baucoup plus sympathique en rapport à leur coiffe qui protégeait leurs cheveux des pousières de charbon.
Les trieuses manuelles disparurent de nos carreaux miniers lors de l'installation des lavoirs automatiques à la fin des années 40, ce procédé technique de triage du charbon par flottaison dans une eau empesée d'un liquide spécial, était très performant et rapide.
Il permettait de récupérer la moindre particule de charbon.
Outre sa performance, il ne présentait pratiquement aucun danger pour la santé.

# Enviado el martes 21 de octubre de 2008 13:59

Modificado el miércoles 22 de octubre de 2008 13:21

Groupe de trieuses de charbon en 1945.

Groupe de trieuses de charbon en 1945.
En 1945, nos mines employaient encore de nombreuses trieuses au moulinage et au criblage.

Je dédie ce poême de Jules Mousseron, en hommage à ces femmes de la mine, extrait de l'ouvrage " Fleurs d'en bas ", édité en 1896 .

" Ravettiez-les passer
les jonns fill'" du rivage,
in lit d'sus leu visage
qu'i sav'nt bin travailler.
Ch'a n' z'impêch point d'canter
in r'vénant d'leu ouvrache.
Quand in l'z'a d'sus s'passache,
ch'est plaisi d'z'acouter.

All'march'nt à pied-décaux,
un mouchoir à cornette
posé crâ'mint d'ssus l'tiête,
pou n'point brader leu piau.
In vot leu caraco
qui bombe d'sus leus tettes,
all'sont vraimint coquettes
malgré leu noir musiau! "

# Enviado el martes 21 de octubre de 2008 14:07

Descente aux enfers d'un cheval de mine au début du XX ème.

Descente aux enfers d'un cheval de mine au début du XX ème.
Au début du XX ème siécle, il n'était pas facile de descendre les chevaux au fond de nos mines.
Les cages de l'époque, aux dimensions trop étroites, ne permettaient pas le transport des chevaux à l'intérieur de ces dernières.
De ce fait, on lui faisait ingurgiter de puissants calmants, le sanglait avec de solides liens, lui couvrait les yeux d'un épais bandage et on l'accrochait sous le plancher de la cage jusque l'étage du fond où il était affecté.
Croyez moi, que ce n'était pas un mince affaire de faire descendre au fond ce cheval travailleur qui tractait les convois de berlines jusque l'accrochage.
Il y passait toute sa carrière, et on le remontait bien souvent mort d'épuisement pour certains ou de vieillesse.
Je tiens cependant à préciser, que le cheval au fond, était très soigné et très respecté des mineurs.
Des écuries spécifiques étaient aménagées à cet effet avec des boxs individuels.
Les méneux d' quévaux, tels on nommait les conducteurs de ces animaux au fond, avaient pour tâche, outre de guider et d'accompagner le cheval dans son travail, d'entretenir l 'écurie où le cheval se reposait et se nourissait.
Si l'ingénieur ou le chef porion constataient la moindre négligence ou mauvais traitement envers l'animal, le mineur responsable était très sévèrement sanctionné.
En effet, il n'était pas considéré comme un outil de travail, mais respecté en tant que travailleur du fond.
Ceux qui eurent la chance d'atteindre la limite d'âge pour pouvoir être remontés, finirent leurs jours dans une ferme, mais aussi malheureusement et bien souvent à l'abattoir municipal.
Je vous fais partager, cette photo difficile de la descente d'un cheval aux enfers...

# Enviado el domingo 19 de octubre de 2008 07:08

Modificado el domingo 19 de octubre de 2008 14:08

Les chevaux des mines

Les chevaux des mines
Au début du XX ème siècle les 7 mines de Bruay employaient 150 chevaux au fond et une trentaine au jour.
Aprés une activité houillère représentant en moyenne 10 ans de service, ils terminaient bien souvent leur carrière à l'abattoir, ou pour les plus chanceux dans une ferme.
la fosse N°1 de Bruay était la plus proche des abattoirs situés à 200 m de là, prés de l'actuelle clinique, dans la cité des provinces.
Les chevaux morts y étaient achetés 20 francs à l'époque.

La compagnie des mines cédaient les autres chevaux devenus trop vieux et poussifs aux agriculteurs de la région parfois pour des sommes trés respectables.
Habitués à tracter de fortes charges, ils étaient utilisés aux travaux de labours des champs ou à tirer des charettes jusqu'à la fin de leurs jours.
Les chevaux au fond disparurent juste à la fin de la seconde guerre mondiale avec l'arrivée des moyens de manutention mécanisés tels les locotracteurs.
Certaines mines du bassin les utilisèrent encore un peu plus tard.
En photo: Un des derniers chevaux utilisés au fond, le grand-père de mon ami, Laurent Duvivier, figure sur ce magnfique cliché saisi pour la postérité par Léon Ringot, illustre photographe minier Bruaysien.
Vous constaterez que le cheval porte une protection sur la tête afin de lui éviter d'éventuelles blessures dues aux heurts avec les arceaux de consolidation des galleries, et ce , au même titre que les mineurs portant une barette de sécurité.
C'est le dernier cheval du fond ayant travaillé dans le secteur de Lens, il fut remonté en 1970.
Il était utilisé pour le transport des cintres, dans des galeries où les les locotracteurs ne pouvaient pénétrer à cause du grisou.
En 1971, il est allé mourir de vieillesse dans une ferme à Tilloy les Hermaville...

# Enviado el domingo 19 de octubre de 2008 06:21

Modificado el sábado 25 de octubre de 2008 06:37

Fosse N° 6 - 14 de Fouquières les Lens au début des années 50

Fosse  N° 6 - 14 de Fouquières les Lens au début des années 50
Je dédie cette photo à mon amie Annie, persuadé que cette dernière lui rappellera bien des souvenirs !.....

# Enviado el domingo 19 de octubre de 2008 06:07

Modificado el domingo 19 de octubre de 2008 17:22

L'abattage au fond par rabot dans une taille moderne en 1979.

L'abattage au fond par rabot dans une taille moderne en 1979.
La mécanisation de l'abattage s'est avérée nécessaire dés la fin des années 40 pour, à la fois, augmenter la production et la productivité, baisser le prix de revient et réduire la peine des hommes qui, jusqu'alors, n'employaient que le marteau piqueur et la pelle.
Le rabot, qui était expérimental, bélier, à tourelles, sans recul ou autres, a fini par devenir le principal outil d'abattage en taille.
Il a fallu des années pour trouver les outils s'adaptant le mieux aux conditions de gisement rencontrées dans le Nord Pas de Calais.
Ce fut le rabot ancré dans les gisements à plat ou peu pentés et le scrapper chaîne dans les gisements pentés du Douaisis et du Valenciennois.
Rapidement, le rabot fut conçu pour être entrainé par une chaîne sans fin avec poulies à gorges en tête et pied de taille.
Les premiers engins avaient la chaîne de traction à l'air libre, ce qui entraînait bien des dangers.
Le rabot ancré permet de mettre les chaînes (traction et retour) sous gaine asservie ou blindée, tout en augmentant son efficacité

# Enviado el domingo 19 de octubre de 2008 05:56

Haveuse Marietta à l'abattage, fosse N° 3 de Bruay en Artois en 1957.

Haveuse Marietta à l'abattage, fosse N° 3 de Bruay en Artois en 1957.
Dés 1951, les premiers essais de haveuses étaient entrepris dans le bassin.
Cet engin rendait son office soit en veine dure, soit barrées de bancs de terre.
Tout d'abord, la haveuse se présentait telle une tronçonneuse, à simple ou double bras qui pratiquait une saignée dans la veine, puis elle s'équipa d'un trépan.
Celle dite "intégrale" chargeait le charbon dans le blindé.
On connut ensuite la haveuse à tambour (simple ou double également) et l'on poussa le luxe jusqu'à la télécommander.

# Enviado el domingo 19 de octubre de 2008 05:53

Les mineurs abouts, voltigeurs des profondeurs...

Les mineurs abouts, voltigeurs des profondeurs...
On évoque peu souvent ce métier de la mine tout à fait spécifique et trés dangereux à la fois.
Les abouts sont des techniciens polyvalents trés qualifiés successivement mécaniciens, électriciens, charpentiers, tuyauteurs, maçons...
Ils sont intégrés au service maintenance de la mine et sont encadrés par un porion aboutier.
Leur tâche essentielle consiste à entretenir les puits de mine et leurs infrastructures attenantes: cuvelage, chevalement, remplacement des cables et des guides de cages, entretien des moteurs, des canalisations...
Ils évoluent de façon périlleuse bien souvent sur le toit de la cage ou dans un cuffa, du fond du puits jusqu'aux molettes du chevalement, toujours à proximité du précipice menacant.
Ils sont en permanence équipés de harnais de sécurité dont les mousquetons sont attachés aux structures métalliques des lieux d'intervention.
Chargés de l'entretien des puits tout au long de leur carrière, ils fûrent fortement sollicités et impliqués dans les opérations de démantellement des cages et des chevalements, mais aussi dans les opérations d'obturation des galeries et des puits aprés la fermeture de nos fosses.

# Enviado el sábado 18 de octubre de 2008 08:53

Lampiste, m' tiote lampiste ...

Lampiste, m' tiote lampiste ...
Depuis la loi de mai 1874, le travail au fond de la mine est interdit aux femmes et aux enfants.
Ainsi, dés l'âge de 12 ans, on les retrouve dans différents corps de métiers sur le carreau en surface occupées à des tâches essentiellement liées à la manutention, telles que le moulinage, le criblage, le triage.
Cependant, le métier féminin de la mine le plus emblématique est incontestablement celui de la lampiste.
Ces jeunes femmes encadrées par le chef de la lampisterie ont la lourde responsabilité de distribuer et de récupérer en début et en fin de chaque poste, les lampes à benzine, outil d'éclairage indispensable au mineur de fond.
Tâche importante, puisqu'au même titre que la taillette, une lampe qui n'est pas rangée dans son emplacement numéroté sur les étagères de rangement, signifie implicitement que le mineur n'est pas remonté du fond.
Elles ont également à charge, l'entretien des lampes qui doivent avoir un fonctionnement irréprochable au fond; tâche ardue nécessitant une bonne connaissance du matériel puisque chaque lampe était composée de plus de cent pièces différentes...
Les lampes de sureté à benzine furent utilisées peu après 1900 en remplacement des lampe à huile à feu nu qui furent la cause de nombreux accidents dus à l'explosion du grisou.

# Enviado el sábado 18 de octubre de 2008 08:18

Les " culs d'arbre " ou troncs fossilisés

Les " culs d'arbre " ou troncs fossilisés
Il y a environ 340 milions d'années, les débris végétaux des importantes forêts marécageuses qui recouvraient notre région, se retrouvaient submergées de façon régulière par l'enfoncement long et progressif des terrains ( phénomène de subsidence ) mais aussi par la mer déjà proche.
Les végétaux, enfouis par carbonification donnèrent de nombreuses couches de houille de différentes qualités séparées, par des roches stériles.
Certains arbres dont les troncs présents dans ces roches en formation ont ainsi laissé leurs empreintes naturellement moulées dans le sédiment.

Lors de l'exploitation industrielle, il était fréquent de trouver ces morceaux d'arbres fossilisés en grés parmi le minerai des veines houillères.
Egalement appelés par les mineurs ' culs d'arbres ', leurs dimensions étaient diverse parfois importantes.
Il arrivait que des abatteurs travaillant dans des tailles trés basses au marteau piqueur pneumatique, soient surpris par la brutale descente d'un de ces troncs fossilisés. Certains furent même tués sur le coup!
Mon père qui a travaillé à l'UP 6 d'Haillicourt, a perdu un de ses camarades au début des années 50 danc ces circonstances tragiques.
Voici la photo d'un tronc fossilisé parmi deux mineurs qui ont découvert ce dernier sur un chantier d'abattage.
Cette vue a été prise par le célèbre photographe minier Bruaysien Léon RINGOT.

# Enviado el sábado 18 de octubre de 2008 07:12

Modificado el sábado 18 de octubre de 2008 14:24