Terril en cours de boisement.

Terril en cours de boisement.
Bien des années après la fin de l'exploitation houillère, la nature a repris ses droits sur ces amoncellements de stériles.
Certains connurent des difficultés à voir renaître une végétation naturelle, donnant un aspect moins austère à ces anciens crassiers, désormais devenus partie intègre de nos paysages régionaux.
Des sociétés spécialisées dans l'ensemencement de grandes superficies inaccessibles furent sollicitées pour cette tâche sur nos terrils, et les moyens mis en oeuvre pour la cause furent grandioses:
Les terrils jumeaux de l'ancien siège de concentration du N° 6 d'Haillicourt en témoignent, c'est par ... hélicoptère, que furent déposées les semences végétales sur ces derniers, il y a plusieurs années...

# Posté le samedi 05 septembre 2009 05:36

Modifié le samedi 05 septembre 2009 08:45

Siège 11/19 des mines de Lens

Siège 11/19 des mines de Lens
Vue aérienne du siège 11/19 de Loos en Gohelle ( Mines de Lens ) encore en activité, cliché datant des années 60.
Cette fosse a été préservée en grande partie, au même titre que les deux imposants terrils jumeaux, les plus grands d'Europe.
Inscrits, de nos jours, à l'inventaire des monuments du patrimoine Français, leurs sommets culminent à 186 mètres d'altitude.
Ce sont les plus hauts terrils d'Europe érigés à ce jour !...
Plusieurs centaines de millions de tonnes de terres stériles accumulées au cours de toute cette fabuleuse épopée minière, témoignent du dur labeur que connurent nos ancêtres.
Elles étaient extraites du creusement des puits, du traçage des bowettes du fond et des résidus issus du triage et des lavoirs, un peu plus tard...
De nos jours, des rampes d'accès périphériques, spécialement aménagées, permettent leurs ascensions jusqu'à leurs sommets, d'où une vue sur notre région, inégalable.........
Je ne puis que recommander la visite incontournable de ces lieux aux visiteurs de passage dans notre région.
Une association de guides et médiateurs, sise sur cet ancien carreau minier, vous fera partager, la fabuleuse histoires de ces terrils et de sa fosse attenante.

# Posté le samedi 05 septembre 2009 05:27

Modifié le samedi 05 septembre 2009 06:47

Bains douches.

Bains douches.
Cette immense salle, bien connue de nos infrastructures minières, servait à la fois de vestiaire et de salle de bains douches collectifs.
Les mineurs accrochaient leurs vêtements de ville avant leur début de poste, à un crochet à 4 patères avec au centre une cuvette destinée à recevoir le savon.
Le tout était hissé au plafond au moyen d'une chaine numérotée coulissant sur un réa, qui était accrochée aux bancs de la salle de bains.
Même opération en fin de poste, les ouvriers du fond accrochaient leur tenue de travail sur cet instrument après avoir récupéré leurs vêtements de ville.
Sous l'air chaud pulsé par les ventilateurs des bains douche, les vêtements imprégnés de l'humidité du fond séchaient ainsi jusqu'au poste du lendemain.
Certains diront qu'il s'agit de " la salle des pendus ", cette étrange appellation provient des journalistes Parisiens des années 30 qui découvrirent cet impressionnant vestiaire suspendu.
On peut comprendre, cette métaphore émanant des médias néophites certes, mais les mineurs n'utilisèrent jamais ce terme, ils appelaient cette salle: les lavabos, et ce, à juste titre....de son usage...

# Posté le samedi 05 septembre 2009 05:50

Modifié le samedi 05 septembre 2009 18:46

L' boîte à buquer de ch' boutefeu.

L' boîte à buquer de ch' boutefeu.
" Boutefeu " ( artificier du fond ) armant un tir de mine avec " l' boîte à buquer " ( exploseur ).
Accrochée à sa ceinture, une lampe à flamme grisoumétrique Arras, servant au contrôle de l'éventuelle présence de méthane, ou grisou.
Le boutefeu, celui qui " boute le feu ", manie les explosifs. Garant de la sécurité de ses compagnons, il doit avoir une moralité sans tâche selon l'enquête de police à laquelle il est soumis avant d'obtenir ce poste. Il fut longtemps un personnage à part dans la hiérarchie de la mine où il avait le rang de porion.
Il supervise les opérations de perforation et d'injection d'eau.
A l'avancement dans une galerie, la foration se fait suivant un plan de tir bien défini : Le nombre de trous à forer, leur profondeur, leur distance les uns par rapport aux autres. Une fois que les bowetteurs, les mineurs chargés du creusement dans la roche, ont terminé ce travail, il faut curer les trous avec de l'air comprimé de façon à pouvoir entrer l'explosif sans difficulté.
Avant la mise en place des explosifs, il regarde s'il y a des morceaux de roche en suspens qui pourraient tomber. Le cas échéant il « purge » car il faut éviter à tout prix des chutes de blocs en pleine opération de minage.
Une fois en situation de sécurité, il met l'amorce dans la cartouche, fait le n½ud réglementaire et procède à l'introduction de chaque bâton de dynamite au fond du trou, « le bourrage ». Il est le seul habilité à manipuler les charges amorcées et doit veiller à la quantité d'explosif à utiliser et respecter les numéros des amorces.
Puis il relie les fils ensemble et fait évacuer le chantier en s'assurant de la mise en sécurité de la zone de tir. Avant l'explosion, les canons à brouillard sont mis en action, dans le but d'abattre le plus gros des fumées et, de la voix, il annonce la mise à feu avant de pratiquer au tir.
Suivant la constitution des terrains, avec un bon plan de tir, c'est à dire avec une bonne répartition des trous de foration et un « bourrage » bien dosé, chaque tir assure une avancée d'un mètre cinquante en moyenne.
Ensuite l'équipe déblaie les roches, pose le boisage provisoire et le cycle recommence.
En fin de journée, il fait par écrit le décompte des explosifs et des détonateurs ainsi que la consommation.
Et comme dans de nombreux métiers de la mine, du travail du boutefeu dépendent la vie et la sécurité de tous.....

# Posté le samedi 05 septembre 2009 05:56

Modifié le samedi 05 septembre 2009 18:47

Haveuse à double tambours en action.

Haveuse à double tambours en action.
Abattage du charbon: haveuse double tambours en action, dans une taille à soutènement marchant.
Dés 1951, les premiers essais de haveuses étaient entrepris dans le bassin.
Cet engin rendait son office soit en veine dure, soit barrées de bancs de terre.
Tout d'abord, la haveuse se présentait telle une tronçonneuse, à simple ou double bras qui pratiquait une saignée dans la veine, puis elle s'équipa d'un trépan.
Celle dite "intégrale" chargeait le charbon dans le blindé.
On connut ensuite la haveuse à tambour (simple ou double également, objet de cet article) et l'on poussa le luxe jusqu'à la télécommander.

# Posté le samedi 05 septembre 2009 05:31

Modifié le samedi 05 septembre 2009 07:47

Briquet au fond.

Briquet au fond.
Le " briquet ": pause casse-croûte au fond de la mine, sur les lieux mêmes du chantier d'exploitation.
Son appellation se réfère à la fois à des faits historiques et politiques datant de la fin du XIX ou début du XX ème siècle.
C'est Raoul Briquet qui proposa et fît accorder au gouvernement qui imposa aux compagnies minières (privées à l'époque ) qu'une pose "casse- croûte" soit payée pendant le temps de travail.
D'où l'appellation de ce repas en hommage à ce bienfaiteur syndicaliste des travailleurs de la mine.....
Fait marquant des traditions minières de notre région, le mineur emportait toujours quelques tartines de pain supplémentaires, dans sa musette, qu'il ne mangeait pas.
Ces dernières étaient en effet descendues au fond, et s'imprégnaient d'une "saveur particulière" liée à l'atmosphère chaude et humide ambiante durant tout le poste de travail.
Le père de famille, complice de cette tradition, ayant terminé son poste et rejoint son domicile offrait ces tartines à ses enfants qui se firent une joie de se disputer et de déguster ce pain emblématique, qu'on appelait chez nous: le pain d'alouette...

# Posté le samedi 05 septembre 2009 05:45

Modifié le samedi 05 septembre 2009 18:49

Recette du fond, encagement des berlines.

Recette du fond, encagement des berlines.
" La recette du fond " : encagement des berlines de charbon.
La mécanisation automatisée n'existait pas encore à la fin des années 1960.
On utilisait toujours la technique simple de descente par gravité des berlines vers le moulinage, par des pentes imposées aux rails d'acheminement depuis la cage d'extraction jusqu'à ce dernier; et vice versa au retour de ces barroux ( * ) , pour être encagés vers le fond.
Je vous laisse le soin d'imaginer, la coordination nécessaire et surtout la précision utile aux différentes phases de chargement de ces berlines, depuis les différents étages du puits, entre les moulineurs, situés au fond et le machiniste manoeuvrant entre 500 et 1000 mètres plus haut sur le carreau minier !....
Ce type de manutention était perpétuel dans le cycle d'exploitation de nos sièges miniers...
Depuis l'époque Germinal ( années 1880 ) jusqu'à la fin de l'exploitation de nos mines en 1991, il n'a guère changé...

( * ) : un barrou, étant une berline vide destinée à être encagée vers le fond pour être de nouveau chargée de minerai.

# Posté le samedi 05 septembre 2009 05:40

Modifié le samedi 05 septembre 2009 18:59

Gueule Noire

Gueule Noire
La Lune n'est pas encore couchée,
Mais lève toi mon ami
Le coq n'a pas encore chanté,
Il faut aller gagner ta vie
Embrasse ta compagne endormie,
Fait une caresse à ton chien
Borde le lit à tes petits,
C'est peut-être ton dernier matin
Tu n'y penses pas, c'est bien normal
Tu as perdu l'goût du sentiment
Va trimer comme un animal
C'est aux enfers que tu descends

Et pendant ce temps là tout la haut
Le soleil inonde les clairières
Le vent du Nord secoue la bruyère
On entend le chant d'un oiseau

Quand tu seras au fond du trou
Suffoquant dans la poussière
Avec de l'eau jusqu'aux genoux
À quoi penseras-tu mon frère ?
Que tu n'étais qu'un galibot
Lorsque tu vis tombé ton père
Qui en faisant éclater la pierre
Un soir y trouva son tombeau
Et si parfois tu perds courage
Que tu te sens devenir amer
Va, cherche du côté de l'abattage
Une croix est gravée dans la pierre

Et pendant ce temps là tout la haut
Le soleil inonde les clairières
Le vent du Nord secoue la bruyère
On entend le chant d'un oiseau

Lorsque les puits se fermeront
La vie prendra une autre voie
Et ce n'est pas sans émotion
Qu'au pays noir tu reviendras
Assis à l'ombre d'un terril
Tu reverras tous tes amis
Qui dans les tailles sont restés
Emmurés pour l'éternité
Oubliant ce que fut ta misère
Tes pas te guideront là bas
Sur les lieux mêmes de ton calvaire
Pour refaire ton chemin de croix

Et pendant ce temps là tout la haut
Le soleil inonde les clairières
Le vent du Nord secoue la bruyère
On entend le chant d'un oiseau

Mmmmmmm....

Le vent du Nord secoue la bruyère
On entend le chant d'un oiseau

Roland St Yves - Chistian Chaussy.

# Posté le samedi 29 août 2009 10:56

Modifié le samedi 29 août 2009 11:16

Condé sur Escaut, fosse Ledoux.

Condé sur Escaut, fosse Ledoux.
Condé sur Escaut, fosse Ledoux.
Historique : Fosse foncée en 1901 et 1902 pour la Compagnie des Mines d' Anzin.
Le chevalement subsistant de cette fosse date de 1951.
Construit par l' entreprise Delattre et Frouard, c' est un chevalement à poutrelles d' acier boulonnées, de type portique, avec avant-carré porteur et mollettes superposées.
Depuis le démantèlement de la fosse en 1989 et la démolition en 1991 du chevalement jumeau (n° 2),
c' est le seul vestige de cette importante fosse, témoin de l' époque de modernisation de l' après-guerre.

# Posté le vendredi 28 août 2009 18:15

Modifié le vendredi 28 août 2009 18:42

Waziers, chevalement de la fosse Gayant.

Waziers, chevalement de la fosse Gayant.
Waziers, chevalement de la fosse Gayant à l'époque en activité, dans toute sa splendeur....
La fosse Gayant dépendait de la Compagnie des mines d'Aniche, dont les premiers gisements furent découverts en 1773.
Le sous-sol Douaisien, comme celui du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais dont il est un des éléments constitutifs, est composé de 400 couches de charbon qui furent exploitées entre 1720 et 1990.

# Posté le vendredi 28 août 2009 17:33

Modifié le vendredi 28 août 2009 18:32